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À Raoul Ponchon – Paul Verlaine

À Raoul Ponchon – Paul Verlaine

Vous aviez des cheveux terriblement ;
Moi je ramenais désespérément ;
Quinze ans se sont passés, nous sommes chauves
Avec, à tous crins, des barbes de fauves.

La Barbe est une erreur de ces temps-ci
Que nous voulons bien partager aussi ;
Mais l’idéal serait des coups de sabres
Ou même de rasoirs nous faisant glabres.

Voyez de Banville, et voyez Lecon-
Te de Lisle, et tôt pratiquons leur con-
Duite et soyons, tels ces deux preux, nature.

Et quand dans Paris, tels que ces deux preux,
Nous irons, fleurant de littérature.
Le peuple, ébloui, nous prendra pour eux.

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