
A deux personnes qui se parlent bas – Prosper Jourdan

— Vous savez? si vous êtes de trop … que je ne vous gêne pas…. Vous
pouvez sortir.
* * * * *
J’avais pour connaissance un sergent, qui faisait quelquefois la
lecture, le soir, à la chambrée. Et chaque fois qu’il rencontrait
l’abréviation de et caetera, ne sachant comment la traduire, il se
bornait à nommer bien haut les trois lettres dans leur ordre respectif.
Cela faisait un drôle d’effet à la fin d’une phrase, E.T.C. Un jour il
eut un trait de lumière et, se frappant le front, s’écria: «Faut-il
que je sois bête pour ne pas avoir compris ça plus tôt!» Il venait de
deviner. Et, en effet, à dater de ce jour-là il traduisit le mystérieux,
etc. en disant: Et ta soeur?
* * * * *
— Qu’est-ce qu’il y a donc eu, sergent, en 93, qu’on nous en parle
souvent?
— En 93?… Eh bien, pardi! c’est la révolution de 1830.
* * * * *
— Sergent, j’ai entendu dire que le tonnerre ne tombe jamais sur les
paratonnerres.
— Eh bien, le tonnerrere a cela de commun avec moi, carrr je puis
dirrre que cela ne m’est jamais arrrrrivé non plussse: jusqu’à
prrrésent du moinssse.
* * * * *
Le violon — corps de garde, ainsi nommé parce qu’on y est conduit par
des archers.
* * * * *
Pour doubler un cap, est-ce qu’il faut en avoir un autre pareil?
* * * * *






















