
Zénon Fière — Un nom qu’on croirait inventé, et des vers qui ne le sont pas

La larme de la femme est un flot de cristal
Qui coule sans efforts ainsi que la rosée
Dont l’onde, en perles d’or sous nos pas déposée,
Ravive la couleur de chaque végétal.
La larme de la femme est un flot de cristal
Le poème compare deux larmes. Celle de la femme coule sans effort, comme la rosée, et fait reverdir ce qu’elle touche. Celle de l’homme — le second quatrain le dit — est tout autre chose.
On voit d’ici où cela peut aller, et il vaut la peine de lire jusqu’au bout : ce n’est pas la démonstration attendue.
Ce qu’on ignore
Tout. Pas de dates, pas de notice, pas d’éditeur identifié. Le nom lui-même a l’air d’un pseudonyme — Zénon, le philosophe des paradoxes ; Fière, au féminin — mais rien ne permet de l’affirmer.
La langue et les sujets le placent au XIXe siècle, quelque part entre le romantisme finissant et le Parnasse.
Ce que les poèmes portent
Aucun titre non plus : on entre directement dans la phrase. « Sous mes rideaux d’enfant, dès la brume tirés », « Puisqu’en quittant les mains qui savaient me bénir », « Ne te souvient-il pas du coteau de Barbière », « L’été dernier, épris des sites en renom ».
C’est un livre de souvenirs, avec des lieux précis — un coteau nommé Barbière, un rocher bordé d’eaux — et une adresse permanente à quelqu’un qui est parti.
« Quels sont les bruits les plus navrants ? » et « Quel son résonne à mon côté » : deux poèmes construits sur une question, forme rare et qu’il maîtrise.
Ce qu’on garde
Une facture soignée, un alexandrin sûr, et une mélancolie qui ne cherche jamais à impressionner. Cela suffit à mériter une page.
Le Vagabond conserve ces poèmes parce qu’ils ne sont nulle part ailleurs. Si vous savez quelque chose de lui, cette page attend d’être corrigée.
Choix de textes
- La larme de la femme est un flot de cristal — Deux larmes comparées. Ce n’est pas la démonstration attendue.
- Ne te souvient-il pas du coteau de Barbière — Un lieu nommé précisément — le seul indice qu’il nous laisse.
- Sous mes rideaux d’enfant, dès la brume tirés — L’enfance vue depuis la chambre, et rien d’attendrissant.
- Quels sont les bruits les plus navrants — Un poème construit sur une question. Forme rare, bien tenue.
- Quel son résonne à mon côté — La même méthode, resserrée. Il savait ce qu’il faisait.
- Puisqu’en quittant les mains qui savaient me bénir — Le départ de la maison, dit sans une plainte.
- Le rocher bordé d’eaux où son regard de reine — Un lieu, un regard, et toute une scène qu’on ne connaîtra pas.
- L’été dernier, épris des sites en renom — Le voyage touristique, moqué de l’intérieur.
- Durant les belles matinées — L’octosyllabe, pour une fois — et le ton change entièrement.
- Jeune fille au rire moqueur — Elle se moque, et il ne se donne pas le beau rôle.
Pour le lire
Aucune notice biographique, aucune date établie, aucun manuel ne le mentionne.
Les poèmes réunis ici, tous sans titre, ne sont accessibles nulle part ailleurs.
⚠️ Si vous savez quelque chose de lui, cette page attend d’être corrigée.
Guillain Méjane






















