XIV – Victor Hugo
— Tu volais donc mes bœufs.
— Tu volais donc mes bœufs. — C’en est fait de ma peau.
— Tu n’as pas de turban ?
— Tu n’as pas de turban ? — Pas même de chapeau.
— Prends celui-ci.
— Prends celui-ci. — La mode en cette capitale
Est-elle qu’on vous coiffe avant qu’on vous empale ?
— Tes habits sont troués.
— Tes habits sont troués. — Monseigneur le sultan,
C’est vrai.
C’est vrai. — Mets ce caftan.
C’est vrai. — Mets ce caftan. — Moi !
C’est vrai. — Mets ce caftan. — Moi !— Toi. Mets ce caftan.
Esclaves, approchez. Choisis les trois plus belles.
— Moi !
— Moi ! — Je choisis pour toi. Prends ces trois-là.
— Moi ! — Je choisis pour toi. Prends ces trois-là. — Lesquelles ?
Ces trois astres ! J’ai peur.
Ces trois astres ! J’ai peur. — Ces troupeaux sont à toi.
— À moi !
— À moi ! — Prends ce collier, présent d’un ancien roi.
— Qu’il est lourd ! un collier d’or massif ! Ça m’achève.
Ah çà ! je n’y comprends rien du tout. C’est un rêve.
À moi ton turban vert, à moi ton caftan bleu !
Et tu me mets au cou ce collier d’or ! Au lieu
De me couper la tête ou de me faire pendre !
Tu me donnes, à moi qui voulais te les prendre,
Tes troupeaux, et de plus trois femmes pour moi seul !
— N’as-tu donc pas été l’hôte de mon aïeul ?