Tu n’es donc plus, Esprit – Charles Van Lerberghe
Tu n’es donc plus, Esprit, qui viens de mourir !
Ô mon ennemi mort, repose !…
La haine aussi est morte ;
L’amour seul survit.
Sur ta tombe je porte
Ces roses.
Je ne dirai sur toi
Que de douces paroles,
Comme un baume
Qu’on répand à genoux,
En y mêlant son âme.
Au matin de mon enfance,
Tu fus le songe de mon cœur
Tremblant, sa craintive espérance ;
Ô toi, qui m’enseignas la peur,
Reçois de moi l’amour.
Apprends de moi comme on pardonne
Sur la terre, et parmi les hommes.