Tu me dirais que l’on entend – Rosemonde Gérard
Tu me dirais que l’on entend le souffle
Qu’au sein des fleurs exhale un papillon,
Et que l’on a retrouvé la pantoufle
Qu’en s’enfuyant laissa choir Cendrillon ;
Tu me dirais que ces vers sont en prose,
Et qu’une femme a gardé des secrets,
Que le lys parle et que l’azur est rose,
Vois ma folie, ami, je te croirais.
Tu me dirais que l’astre qui scintille
Au ver luisant doit son éclat joyeux,
Et que la nuit accroche à sa mantille
Comme un bijou le soleil radieux ;
Tu me dirais qu’il n’est plus une fraise
Dans les recoins tout moussus des forêts,
Et qu’une plume de bengali pèse
Plus qu’un chagrin au cœur, — je te croirais.
En t’écoutant, tous mes doutes d’eux-mêmes
Tombent soudain, vaincus… Tu me dirais
Que le bonheur existe et que tu m’aimes,
Vois ma folie, ami, je te croirais !