
Triptyque I. Sur la route de l’Île-Grande – Charles Le Goffic

Octobre est venu :
Une route droite,
Qui file et miroite
Sur un plateau nu ;
De grises nuées,
Vers Crec’h-Daniel,
Traînant dans le ciel,
Comme exténuées ;
À l’angle d’un champ
Un mouton qui broute ;
Au bord de la route
Un chaume penchant.
Jusqu’à l’Île-Grande,
Pas d’autre maison :
Pour tout horizon
La lande, la lande…
Ces croupes que fouaille
Un vent forcené,
Ce sont les Méné
De la Cornouaille.
Clameurs, bonds d’effroi.
Tout en eux m’agrée :
Car je suis l’Arrhée,
Leur pâtre et leur roi.























