
Tcheragan – Auguste Gilbert de Voisins

C’est un chat noir, il est prince persan;
Il aime trop le sang
Pour me plaire…
(Il ne méprise pas le lait.)
Vous me dites que Baudelaire
L’aurait mieux compris? Je ne sais.
— Il se peut que l’on trouve en Chine,
En Malaisie, (ou bien ailleurs),
Ce même air de bourreau railleur
Et d’aussi longs frémissements d’échine;
Allez-y voir! mais quand il lèche,
Sadiquement, à petits coups
Mesurés de sa langue rêche,
La plaie
D’un oiseau palpitant, que voulez-vous!
Mon chat m’effraie!
Puis il me prend par cette patte qu’il allonge
Et retire, par le mystère de ses songes
Et, mieux encor, par ce grand amour de la nuit
Qui me le fait aimer quand j’ai si peur de lui.
CCCLXVI






















