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Phylante – Edmond Rostand

Phylante – Edmond Rostand

Ce Phylante aux rubans choisis chez Perdrigeon,
Ce Phylante pattu comme un riche pigeon
Dont les pattes auraient pour plumes des dentelles,
Qui ne porte jamais, si coûteuses soient-elles,
Que des bottes de peau levantine, que des
Chemises à jabot de linge hollandais,
Expert à se serrer au poignet, sous la manche,
Le large ruban noir qui fait la main plus blanche,
Ce cher Phylante, encor qu’il soit loin d’être laid,
Qu’il excelle à donner les violons, qu’il ait
La réputation d’être bon alcôviste
Et de savoir en quoi le dernier doux consiste,
Encor qu’il soit celui, lorsqu’on parle d’amours,
Dont le nom à côté de son nom vient toujours,
Encor qu’il chante en bas pour elle à l’instant même,
Il ne l’aime pas plus, grand Dieu! qu’elle ne l’aime.

Tout ceci n’est qu’un jeu raffiné de roman.

III

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