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Note neuvième – Alphonse de Lamartine

Note neuvième – Alphonse de Lamartine

Et je prie, et je pleure, et j’espère, et je sens
L’eau couler dans mon cœur aride, et je descends,
Dans mon jardin trempé par les froides ondées,
Visiter un moment mes plantes inondées.
Ô Père, source et fin de toute créature,
Dont le temple est partout où s’étend la nature,
Dont la présence creuse et comble l’infini,
Que ton nom soit partout dans toute âme béni !
Que ton règne éternel, qui tous les jours se lève,
Avec l’œuvre sans fin recommence et s’achève !
Que par l’amour divin, chaîne de ta bonté,
Toute volonté veuille avec ta volonté !
Donne à l’homme d’un jour, que ton sein fait éclore,
Ce qu’il lui faut de pain pour vivre son aurore.
Remets-nous le tribut que nous aurons remis
Nous-même, en pardonnant à tous nos ennemis.
De peur que sur l’esprit l’argile ne l’emporte,
Ne nous éprouve pas d’une épreuve trop forte.
Mais toi-même, prêtant ta force à nos combats,
Fais triompher du mal tes enfants d’ici-bas !

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