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L’instant fragile – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Le Port de Gloucester, Edward Hopper (1928)

Tableau : Le Port de Gloucester, Edward Hopper, 1928

Ainsi qu’au temps lointain où ma mère venait
Me donner un baiser pour que j’aie de beaux rêves,
Je suis dans mon lit blanc, à voix basse j’achève
La prière où mon cœur se baptise et renaît,

Tous les souvenirs chers, tous les êtres que j’aime,
Puissé-je les ravir à l’oubli d’autrefois.
Le sommeil est l’aurore où revivent des voix,
Échos des disparus ressuscités quand même.

C’est pourquoi à l’instant de voir un autre ciel,
De déployer l’esprit vers un nid caresseur,
J’évoque, ô mon amour, ton nom et ta douceur,
Et les yeux où brillait un éclat de soleil !…

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