
Le jeune homme du crépuscule – Maurice Magre

Le jeune homme que j’avais vu passer avait un turban couleur de safran
et une robe blanche serrée à la taille par une cordelière d’or.
J’étais assis devant ma porte à l’heure où l’on remplace les veilleurs
sur les remparts et il ne m’a fait qu’un signe, il ne m’a jeté qu’un
regard.
J’ai écouté les trompettes résonner dans les tours, j’ai regardé les
étoiles s’allumer et le jeune homme s’est éloigné sous son turban
couleur de safran.
Et c’est seulement quand sa silhouette a disparu le long des murailles,
quand il n’a plus été temps de courir après lui, que j’ai compris devant
ma porte l’étendue de ma solitude.























