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Largage – Guillain Méjane

Largage – Guillain Méjane

Quarante ans que ses mains tremblent sur mes drisses.

Mes membrures se souviennent
de la première fois qu’il m’a touchée—
j’étais neuve, lui aussi,
nos peurs identiques sous le vernis.

Aujourd’hui mes joints grincent leur litanie,
mes haubans tissent des complaintes dans le vent,
mais je continue de le porter
comme une mère porte son enfant maladroit.

Il croit me guider vers l’horizon.

Moi, je le guide vers lui-même.​

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