Chanson cruelle – Rainer Maria Rilke
Mettez-vous au saule,
là, au bout du pré ;
contre votre épaule
vous le sentirez.
Prenez la cornemuse,
essayez un peu,
si la musique intruse
peut-être nous émeut.
Tant qu’elle nous commande
bien, nous danserons
parmi la lavande,
lui, le forgeron,
et moi, la bergère…
Ne soufflez plus mot.
Si ça vous désespère,
vous pleurerez tantôt !