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Blanche, te souvient-il – Jean-Baptiste Caouette

Blanche, te souvient-il – Jean-Baptiste Caouette

Musique de M. Édouard Vincelette.

I

Te souvient-il de ces jours éphémères
Où le bonheur dorait notre chemin,
Où nous causions sous les yeux de nos mères,
Coeur près du coeur, et la main dans la main?
En souriant, tu m’appelais ton frères;
Je te nommais avec plaisir ma soeur.
Puis un matin — réminiscence amère —
Tu me laissas en proie à la douleur…
Blanche te souvient-il?
Blanche te souvient-il?

II

Tu t’envolas vers la rive de France,
En me disant: «Je ne t’oublierai pas;
J’adoucirai ta brûlante souffrance
En t’écrivant quand je serai là-bas!»
Et je suivis des yeux la blanche voile
Qui t’emportait dans le lointain brumeux;
Je priai Dieu d’allumer cette étoile
Qui mène au port le voyageur heureux.
Blanche te souvient-il?
Blanche te souvient-il?

III

Tu m’avais dit qu’avec les hirondelles
Tu reviendrais pour ne plus me quitter…
Le printemps brille, et les oiseaux fidèles
Sont revenus sous mon toit s’abriter.
Toi seule, hélas! ô ma tendre colombe,
Ne voles pas à mon parterre en fleur;
Le ciel a-t-il ouvert pour toi la tombe,
Ou bien le temps a-t-il fermé ton coeur?…
Blanche te souvient-il?
Blanche te souvient-il?

Juin 1883.

CHANT DU CLUB DE RAQUETTE
«LE FRONTENAC» de Québec

Musique de M. Joseph Vézina.

I

Nous subissons comme nos pères,
Sans murmurer, le poids du jour;
Mais nous aimons, joyeux compères,
Sur la raquette à faire un tour!
Alors nos coeurs pleins d’allégresse
Vibrent toujours à l’unisson;
Et, sous le froid qui nous caresse,
Nous redisons notre chanson!

O Frontenac, illustre gouverneur,
Notre patron du club de la raquette!
Pour exalter la gloire de ton honneur,
Nous te fêtons à la bonne franquette!

II

Lorsque le ciel couvre la terre
D’un manteau blanc aux plis moelleux,
Et que la lune, avec mystère,
Dore les champs de mille feux,
Il faut nous voir, quatre par quatre,
Raquette aux pieds, fendre le vent!
Comme les preux qui vont combattre
Nous répétons: En avant!

O Frontenac, illustre gouverneur,
Notre patron du club de la raquette!
Pour exalter la gloire de ton honneur,
Nous te fêtons à la bonne franquette!

III

Loin de la ville, assis à table
Et près d’un poêle aux flancs rougis.
Nous buvons un vin délectable
Qui nous met gais, mais jamais gris…
Puis, suivant la vieille coutume,
Un amateur sort le violon;
Et nous dansons, en grand costume,
Lancier, quadrille et cotillon!

O Frontenac, illustre gouverneur,
Notre patron du club de la raquette!
Pour exalter la gloire de ton honneur,
Nous te fêtons à la bonne franquette!

IV

Parfois l’aurore aux teints de rose
Vient nous surprendre à sautiller!
Et notre front se fait morose,
Puisqu’il nous faut capituler…
Mais la gaîté — douce compagne —
Renaît soudain quand nous partons,
Car la raquette et le champagne
Nous font chanter sur tous les tons!

O Frontenac, illustre gouverneur,
Notre patron du club de la raquette!
Pour exalter la gloire de ton honneur,
Nous te fêtons à la bonne franquette!

V

Nous descendons d’un peuple sage
A l’âme fière, aux bras vaillants,
Qui s’illustra par le courage
Et les exploits les plus brillants
Nous conservons son caractère,
— Même en étant sujets loyaux —
Et recueillons sur cette terre
Les nobles fruits de ses travaux!

O Frontenac, illustre gouverneur,
Notre patron du club de la raquette!
Pour exalter la gloire de ton honneur,
Nous te fêtons à la bonne franquette!

VI

Nous saluons tous nos confrères
Des autres clubs de ce pays,
Et leur disons ces mots sincères:
O raquetteurs, soyons unis!
Soyons unis, aux jours de fête,
Dans nos transports et nos désirs!
Marchons ensemble à la conquête
Du vrai bonheur et des plaisirs!

O Frontenac, illustre gouverneur,
Notre patron du club de la raquette!
Pour exalter la gloire de ton honneur,
Nous te fêtons à la bonne franquette!

15 février 1889.

HYMNE A SAINT-FRANÇOIS D’ASSISE
COMPOSÉ POUR LE TIERS-ORDRE DE SAINT-SAUVEUR

Air: «Faibles mortels».

I

O noble saint François d’Assise,
Prêtez l’oreille à nos accents:
Nous célébrons avec l’Église
Vos bienfaits toujours renaissants!
Presque au seuil de votre existence,
Vous charmiez le pauvre pécheur
Par votre amour pour le sauveur,
Vos suaves conseils et votre pénitence!

Toujours, ange des cieux, toujours gardez nos coeurs
Contre toute les malices
Et les artifices
Des esprits tentateurs!
Oh! notre âme
Vous proclame
Le plus puissant des divins bienfaiteurs!

II

A l’âge serein de la vie
Où l’homme se livre aux plaisirs,
Vous renonciez, l’âme ravie,
Au monde avec ses vains désirs.
La charité, divine étoile,
Dans notre âme attisait ses feux;
Et Jésus montait à vos yeux
Sur la mer de douleurs votre esquif à la voile!

Toujours, ange des cieux, toujours gardez nos coeurs
Contre toute les malices
Et les artifices
Des esprits tentateurs!
Oh! notre âme
Vous proclame
Le plus puissant des divins bienfaiteurs!

III

Il vous disait: «Va par le monde
Prêcher à tous ma sainte loi;
Va combattre le vice immonde,
Fais naître dans les coeurs la foi!»
Nouveau soldat plein de courage,
Vous obéîtes à sa voix,
Prenant pour seule arme sa croix,
Pour unique drapeau sa radieuse image!

Toujours, ange des cieux, toujours gardez nos coeurs
Contre toute les malices
Et les artifices
Des esprits tentateurs!
Oh! notre âme
Vous proclame
Le plus puissant des divins bienfaiteurs!

IV

Vos sermons remplis d’éloquence
Électrisaient les plus méchants;
Vos vertus et votre indulgence
Avaient des charmes séduisants.
Maints sceptiques suivaient vos traces,
Sans songer à se convertir.
Lorsque soudain le repentir
Pénétrait dans leur âme avec des flots de grâces!

Toujours, ange des cieux, toujours gardez nos coeurs
Contre toute les malices
Et les artifices
Des esprits tentateurs!
Oh! notre âme
Vous proclame
Le plus puissant des divins bienfaiteurs!

V

Puis quand sonna l’heure dernière,
Dieu vous trouva mûr pour le ciel:
Vous aviez bu l’absinthe amère,
Et vous alliez boire le miel…
O saint François, ami de l’ordre,
Mettez la paix en notre coeur
Afin qu’il devienne meilleur,
Et propagez partout votre oeuvre: le Tiers-Ordre!

Toujours, ange des cieux, toujours gardez nos coeurs
Contre toute les malices
Et les artifices
Des esprits tentateurs!
Oh! notre âme
Vous proclame
Le plus puissant des divins bienfaiteurs!

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