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À Jules Supervielle – Rainer Maria Rilke

Coucher de soleil à Mendocino, Millard Sheets (1985)

Tableau : Coucher de soleil à Mendocino, Millard Sheets, 1985

Nos pertes, n’est-ce sur vous
que nos rêves s’érigent ?
Seulement nos rêves ? Que dis-je ?
Pertes, vous portez tous

nos plus tendres élans.
Vous êtes ces caves anciennes
où les vins de nos vignes deviennent
grands insensiblement.

C’est sur vos voûtes qu’on pose
tous ces étages émus.
Qu’est-ce en somme, la rose
que la fête d’un fruit perdu ?

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