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XXXVIII – Victor Hugo

XXXVIII – Victor Hugo

Quand cette noble femme eut touché la frontière,
Proscrite et fugitive, hélas ! mais reine encor,
Emportant son grand cœur, sa tristesse humble et fière,
Et ses enfants, tout son trésor,

À ce port de l’exil la voyant arrivée,
Après tant de périls dans ces sombres chemins,
Ceux qui l’accompagnaient disaient : Elle est sauvée !
Et pleuraient en joignant les mains.

Vers ces derniers amis que le malheur envoie,
Elle inclina son front et s’écria : Seigneur !
Me voici hors de France ! ils en pleurent de joie,
Et moi, j’en pleure de douleur !

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