
Sur ces tablettes de santal rouge – Maurice Magre

Sur ces tablettes de santal rouge, un poète de Gwalior, dont le nom est
perdu, à écrit un poème que les siècles avec leur sable ont effacé.
C’était peut-être un roi puissant qui traça ces vers dans la houdah de
soie de son éléphant, c’était peut-être un ascète assis parmi les
roseaux d’un marécage.
Un grand cri d’amour où les maximes de la sagesse?… Douleur, espoir ou
renoncement, nous ne saurons pas… Que de choses à jamais oubliées!
Moi aussi, sur du papier tressé de lin à Gwalior, j’ai écrit ton nom et
la description de ta beauté et le sable inexorable des années effacera
mes vers.
Qu’importe, ô Padmani, que les hommes plus tard ignorent tout de nous
deux, si toi tu sais dans cette minute combien je t’ai aimée.























