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Lorsque je serai morte – Rosemonde Gérard

Lorsque je serai morte – Rosemonde Gérard

Lorsque je serai morte et qu’on m’aura couchée,
Au cimetière, au grand cimetière, là-bas,
Ami cher, vous viendrez visiter, n’est-ce pas,
La tombe en marbre blanc de fleurs toute jonchée.

Très grave, agenouillé parmi les roses blanches,
Vous me lirez les vers que j’aimais autrefois,
Et je reconnaîtrai le son de votre voix
Quand vous vous pencherez en écartant les branches.

Lorsque sera fini l’amoureux bréviaire,
Vous cueillerez des fleurs — les plus belles ; et puis,
Reprenant les étroits sentiers bordés de buis,
Vous quitterez à pas très lents le cimetière.

Et, lorsque vous serez près de franchir la porte,
Avant que de poursuivre, ami, votre chemin,
Vous vous retournerez encore, et de la main
Vous enverrez longtemps des baisers à la morte.

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