
Les vendangeurs – Pierre Quillard

Les sarments rampaient entre les pierres
Ou montaient au tronc rugueux des ormes,
Tordus et noués en noeuds difformes
Comme des orvets et des vipères.
Courbés sous le fouet des rois avares,
Nous avons versé nos pleurs, nos peines;
Nous avons ouvert nos pâles veines,
Nous avons nourri les vignes rares;
Nous avons pillé les ceps d’automne;
Le moût bruissait au fond des cuves,
Pour les maîtres, saouls de chauds effluves,
Le sang de nos coeurs emplit la tonne.























