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Les tisserands – Pierre Quillard

Les tisserands – Pierre Quillard

Notre peau s’use au fer des navettes,
Notre peau gerce à tistre la soie;
Dehors le printemps chante et flamboie:
Nous ne connaissons ni fleurs ni fêtes.

Toujours notre front dolent s’incline
Vers le métier dès la prime aurore;
Toujours nos doigts fanés font éclore
De fraîches fleurs dans l’étoffe fine.

Et sur le linceul et sur les langes
Des empereurs porphyrogénètes
Nous entrelaçons les fauves bêtes
Qui rôdent dans nos songes étranges.

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