Sélectionner une page

L’eau morte – Pierre Quillard

L’eau morte – Pierre Quillard

A Charles Bourgault Ducoudray.

L’étang mystérieux dort parmi les bois sombres,
Eau de solitude, eau de silence, eau de songe,
Que le flot rose et blanc des bruyères prolonge;
Parfois des oiseaux noirs glissent comme des ombres
Entre les joncs tendus hors des sinistres ondes
Tels que des glaives d’or aux mains de reines blondes;
Et sous l’âpre soleil épars en rayons mornes
Les nymphéas chassés des limpides fontaines
Où boivent, à la nuit, les cerfs aux belles cornes,
Attendent tristement les étoiles lointaines.

Archives par mois