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Le jour de l’an – Jean-Baptiste Caouette

Le jour de l’an – Jean-Baptiste Caouette

Douze sanglots ont vibré dans l’espace,
— Sont-ce les pleurs du lugubre beffroi?
— C’est l’avenir jetant à l’an qui passe,
Avec mépris, un adieu sombre et froid!

Un nouvel an, constellé de promesses,
Vient de surgir des vastes profondeurs;
Accordons-lui nos plus tendres caresses,
Car il promet d’ineffables bonheurs.

L’an dernier fut désastreux et terrible:
Il a semé partout tant de revers…
Il a changé — ce despote inflexible —
Nos rêves d’or en mille maux divers!

N’en parlons plus! Et saluons l’aurore
Du nouveau jour qui brille à l’horizon;
Que de nos coeurs parte un hymne sonore
Pour acclamer l’hôte de la saison!

Voyez là-bas, dans la pauvre chaumière,
Le malheureux amaigri par la faim:
Du nouvel an, il attend, il espère
Plus de bonheur et le morceau de pain!

Sous les lambris, où la pourpre rayonne,
Le riche aussi formule ses désirs:
«Bel an, dit-il d’un pur éclat couronne
Nos doux banquets, nos fêtes, nos plaisirs!»

Au saint autel, le prêtre vénérable
Pour le pécheur implore le bon Dieu;
Son chant d’amour — cri de joie admirable —
Comme l’encens monte vers le ciel bleu…

…………………………………

Dès ce moment, oublions nos rancunes;
A l’ennemi présentons notre main.
Après les jours de noires infortunes,
Dieu nous réserve un heureux lendemain!

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