
Le jour – Daniel Thaly

Le jour trop beau blesse mon cœur d’un glaive d’or.
Pourquoi, pourquoi, toujours cette étrange tristesse
Devant cet horizon rayonnant d’allégresse
Où la vague infinie et muette s’endort?
Qu’il fut divin le bain dans la mer sous le fort!
Chaque lame traînait une tiède caresse,
Mais un vague tourment me poursuit et m’oppresse;
Devant le ciel trop beau l’esprit songe à la mort.
Ah! que vienne bientôt l’instant où les Centaures
Luiront sur le haut cap battu des flots sonores;
Alors je sentirai le calme m’envahir;
La lune nagera dans des vapeurs rosées
Et très fraîche sera la voix du souvenir
Mêlée aux longs soupirs des brises apaisées.























