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La petite danseuse – Maurice Magre

La petite danseuse – Maurice Magre

Le géant était triste auprès du nain malade.
La grosse caisse et les cymbales expiraient
Et s’accoudant sur le carton des balustrades,
La petite danseuse au loin me regardait.

Sous la robe à paillette et le manteau de flamme
Je sentais qu’elle avait très froid au vent du soir,
Froid à sa chair d’enfant et froid peut-être à l’âme…
La foire finissait dans un grand désespoir.

Elle me regardait avec des yeux si tendres!
Une onde d’amitié vous baigne quelquefois,
On en a le cœur gros et l’on ne peut comprendre
La foule morne s’écoulait autour de moi
Alors parmi la mort de la foule muette,
Pour l’ami inconnu ainsi qu’un signe obscur,
La danseuse soudain fit quelques pirouettes
Et le geste d’offrir au ciel son corps très pur.

Mais je ne compris pas la parole subtile.
Cette mystérieuse offrande au sens profond…
L’homme ferme son âme en vivant dans les villes…
Et je partis avec les derniers lumignons…

Et c’est pourquoi, les jours de l’an, les jours de Pâques,
Depuis ce temps, je cours les foires au hasard…
Mais je n’ai jamais plus retrouvé la baraque,
La petite danseuse et son tendre regard.

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