Je les vois comme une ancienne estampe – Rainer Maria Rilke
Je les vois comme une ancienne estampe,
tiges sveltes et belles corolles :
les vierges sages, les vierges folles
avec leurs lampes.
Les unes défaites, les autres prospères ;
mais celles qui tiennent l’intacte lumière,
ne souffrent-elles guère,
douces esclaves,
de l’inutile forme suave
qu’elle éclaire ?
Tandis que les autres, par maladresse,
les filles sombres,
douces esclaves,
reçoivent,
obéissantes,
les lentes caresses des ombres…