
Chorège – Laurent Tailhade

A Monsieur Jean Rameau, littérateur français.
«La dernière fois que je le vis, ce fut, si je ne me trompe,
chez une comtesse de la rue Saint-Honoré, et l’on raconte
qu’une autre comtesse qui demeure dans les environs de la gare
Saint-Lazare, et très suspecte de basbleuisme, hélas! le
comptait parmi ses fidèles.»
Des oeuvres complètes de M. JEAN RAMEAU. Lettre à l’Écho de
Paris du 10 mars 1891.
Claudicator ayant découvert qu’il existe
Des comtesses ailleurs qu’aux romans de Balzac,
A chaussé des gants paille et revêtu le frac:
On le prendrait, tant il est beau, pour un dentiste.
Jadis potard, expert à triturer les bols,
Il rêvait, dédaignant le nom d’apothicaire,
A des in-folios connus d’Upsal au Caire.
–Et ses dormirs furent hantés par les Kobolds.
Maintenant, l’oeil féroce et la bouche crispée,
Il récite devant l’indulgence attroupée
Des vieilles dames aux appas gélatineux:
Et, surprenant effet des rimes qu’il accole,
Nonobstant la rigueur des corsets et des noeuds,
Sa voix fait tressaillir tous ces baquets de colle.























