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Banqueroute – Jean Richepin

Banqueroute – Jean Richepin

L’invisible banquier qui prend notre pécune
À ce tripot du monde est un pipeur de dés.
Cependant que, pensifs, sur la table accoudés,
Obstinés à boucher sans cesse une lacune,

Nous cherchons une marche et n’en trouvons aucune
Malgré nos yeux rougis et nos crânes ridés,
Lui, ramasse jusqu’aux vieux bas que vous videz,
Décavés éternels perdant tout sans rancune.

Ah ! si nous amenions, par une erreur du sort,
Le point vainqueur et qui pour nous jamais ne sort,
Le point divin, le point qui fait sauter la banque !

Mais si nous l’amenions, ce serait pis. Béant,
Le coffre apparaîtrait sans fonds. Car tout y manque.
Et le banquier lui-même est l’ombre du néant.

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