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Liturgie – Nérée Beauchemin

Liturgie – Nérée Beauchemin

Précédant les flambeaux et le thuriféraire,
Et, par les deux induts, en triomphe, escorté,
Le diacre, portant haut l’évangéliaire,
Monte à l’ambon, parmi l’encens et la clarté.

Il monte, glorieux, et sur l’aigle de cuivre,
Dont la grande aile semble ouverte pour l’essor,
Il expose, il étale, il déroule le livre
Tout fleuronné de pourpre et tout niellé d’or.

Sous le vélin sacré par trois fois il balance
L’encensoir, et, tourné vers le Septentrion,
Il chante. Toute oreille écoute. Le silence
Des nefs vibre aux éclats de l’intonation.

L’instant est solennel. Comme au cénacle, il semble
Qu’un souffle a fait frémir le voile et le chancel,
Et que le Saint-Esprit, dans l’église qui tremble,
Du ciel descend et plane au-dessus du missel.

Debout, peuple, debout ! Dieu parle, et sa parole,
Du lointain crépuscule au plus lointain levant,
Dans tout l’orbe des cieux, par tout l’univers, vole
Sur les ailes de l’aigle et sur l’aile du vent.