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L’église liturgique – Nérée Beauchemin

L’église liturgique – Nérée Beauchemin

Ô sainte église liturgique,
Qui, pour le Saint des Saints, toute foi, tout amour,
Comme Solesmes, chaque jour,
N’est que pieux silence et pieuse musique.

Brillant sanctuaire votif,
Selon tous les canons du rituel mystique ;
Architecture symbolique
Où rien ne vise au seul effet décoratif.

Religieuse symphonie
Des couleurs, des dessins, festons d’or ou d’émail,
Parure et somptueux travail
Du prêtre et de l’artiste, illustrant le génie.

Ô sublime élévation
Des voûtes, des piliers, des autels, des coupoles,
Chœur de prières sans paroles,
Silencieux élans de l’adoration.

Miniature de Saint-Pierre.
Qui, divine, depuis le sacre et l’onction,
Comme la céleste Sion,
Semble, en son âme et corps, être ni bois ni pierre.

Ô le plus riche des écrins,
Où le corps lilial d’une vierge martyre,
Comme un parfum de rose, attire,
Aux autels du miracle, un flot de pèlerins.

Église, dont le baptistère
Communique le souffle et l’immortalité
À la jeune postérité
D’une féconde, et forte, et noble, et riche terre.

Temple presque immatériel,
Tout odorant d’encens, de myrrhe, de cinname,
Où la mère de Notre-Dame
Trône, coupole et voûte ouvertes sur le ciel.

Église heureuse d’être celle
Qui possède le plus de trésors dans ses tours,
Et rêve d’être, pour toujours,
La plus sainte, la plus priante, la plus belle.