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Soldat, soldat – Rudyard Kipling

Soldat, soldat – Rudyard Kipling

« Soldat, soldat qui t’en reviens de guerre,
Pourquoi ne défiles-tu pas avec mon bien-aimé ? »
« On vient de descendre du navire, peut-être nous a-t-il faussé compagnie,
Et tu ferais bien de te trouver un nouvel amour. »

Un nouvel amour ! Un grand amour !
Tu ferais bien de te trouver un nouvel amour,
Les morts ne se relèvent plus, tu ferais bien de te sécher les yeux,
Et de te trouver un nouvel amour.

« Soldat, soldat qui t’en reviens de guerre,
Qu’as-tu vu de mon bien-aimé ? »
«Je l’ai vu servir la Reine dans l’habit vert foncé des fusiliers,
Et tu ferais bien de te trouver un nouvel amour. »

« Soldat, soldat qui t’en reviens de guerre,
N’as-tu rien vu d’autre de mon bien-aimé ? »
« Je l’ai vu courir quand les balles ont commencé à siffler,
Mais tu ferais bien de te trouver un nouvel amour. »

« Soldat, soldat qui t’en reviens de guerre,
Est-il arrivé quelque chose à mon bien-aimé ? »
« Je n’ai pas pu voir la bataille, tant la fumée était blanche,
Et tu ferais bien de te trouver un nouvel amour. »

« Soldat, soldat qui t’en reviens de guerre,
Je vais aller soigner mon bien-aimé ! »
« Il gît parmi les morts, une balle en pleine tête,
Et tu ferais bien de te trouver un nouvel amour. »

« Soldat, soldat qui t’en reviens de guerre,
Je vais aller mourir auprès de mon bien-aimé ! »
« La fosse que nous avons creusée le cachera, lui et les vingt hommes à ses côtés,
Et tu ferais bien de te trouver un nouvel amour. »

« Soldat, soldat qui t’en reviens de guerre,
Ne rapportes-tu rien de mon bien-aimé ? »
«Je rapporte une boucle de cheveux qu’il avait toujours sur lui
Et tu ferais bien de te trouver un nouvel amour. »

« Soldat, soldat qui t’en reviens de guerre,
Oh maintenant je sais que c’est vrai, j’ai perdu mon bien-aimé ! »
«Et je vais à nouveau te dire la vérité : quand ta douleur sera passée,
Tu ferais bien de faire de moi ton bien-aimé ! »

Un grand amour ! Un nouvel amour !
Tu ferais bien de faire de lui ton bien-aimé,
Les morts ne se relèvent plus, tu ferais bien de te sécher les yeux,
Et de faire de lui ton bien-aimé.