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Moi papillon – Vélimir Khlebnikov

Moi papillon – Vélimir Khlebnikov

Moi papillon entré
dans la chambre de la vie humaine
il me faut laisser le paraphe de ma poussière
sur les fenêtres sévères
sur les vitres du fatal
Si gris et tristes les papiers peints des plantes mortes
de la vie humaine avec sa poussière
être le peintre de soi
sur les vitres du fatal du fatal aux grands yeux
Voir soudain une petite porte ouverte
sur un autre monde où il y a le chant des oiseaux le courant
d’air azuré
où tout est aimable même la mort
dans les dents d’une libellule
Ô poussière envolée au loin
et ailes déteintes pour toujours !
Le « non » transparent des fenêtres
derrière elles le bruissement et la danse
des papillons de l’amour cognent
L’amour des papillons danse haut dans le vent
J’ai déjà effacé ma lueur bleue et les dentelles des points
le long du bord de l’aile
Tristes et cruelles mes ailes
le pollen en est ôté Pour toujours
Fatigué je me cogne à la fenêtre de l’homme
La branche des nombres en fleur
cogne à travers la fenêtre
d’une demeure étrangère.