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Forêt – Fernando Pessoa

Forêt – Fernando Pessoa

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Forêt

Ah ! mais la chambre elle-même n’était pas la vraie — c’était l’ancienne chambre de mon enfance perdue ! Tel un brouillard, elle s’est éloignée, a traversé (matériellement) les murs tout blancs de ma chambre réelle, et celle-ci, nette et toute petite, a émergé de l’obscurité, comme le font la vie et le jour, comme le pas du charretier et le son vague du fouet, qui mettent des muscles pour se lever dans le corps étendu de l’animal encore somnolent.